JEUNES TALENTS FRANCAIS

ETHNICIA FRANCE.

Ethnicia, le fruit de la passion et de la ténacité

http://www.ethnicia.com

Habatou SY

HabatouSYPDGHetnicia  Jeune, belle, souriante et énergique

CV : Hapsatou Sy, jeune française de 27 ans d’origine sénégalo-mauritanienne, a fondé en 2005 Ethnicia, un concept innovant de beauté globale et pour tous. Aujourd’hui, elle est à la tête de deux salons parisiens, l’un situé sur l’Ile Saint-Louis, et l’autre dans le 15ème arrondissement et prépare l’ouverture d’un troisième salon dans le centre commercial les 4 temps de La Défense (92).
Ses autres projets : des ouvertures de salons franchisés dans toute la France et la préparation du lancement d’une marque d’extension de cheveux et de maquillage. Quel parcours !

Interview :
A 27 ans, vous êtes déjà à la tête d’une très belle entreprise. Quel est votre secret ? Venez-vous d’un milieu entrepreneurial ?
Pas du tout ! Mais mon père, qui était monteur de stands, m’a transmis une belle image du travail et m’a enseigné très tôt la valeur des choses. Je le voyais partir chaque matin à 6 heures, toujours ponctuel et heureux. Ce qu’il a pu acquérir, c’est grâce à la force de ses mains et il en est fier. Cela m’a donné envie, très jeune, d’entrer dans ce monde du travail, et, dès que j’ai pu, j’ai occupé des petits emplois parallèlement à ma scolarité.
Quel a été votre parcours scolaire ?
Après avoir obtenu un BEP, un Bac professionnel Secrétariat et un BTS Commerce international, j’ai suivi des cours du soir au Cnam, en travaillant pendant la journée dans la restauration rapide. Cela m’a permis d’obtenir un DESE commerce et marchés internationaux et d’être embauchée par un groupe informatique en qualité de responsable marchés internationaux. Ce poste me convenait bien car j’étais autonome, polyvalente et on me laissait une grande liberté d’action. Mais je me suis vite rendu compte que je n’étais pas faite pour travailler dans un cadre hiérarchique…
Pour quelles raisons ?
Du fait de mon caractère sans doute ! Depuis que je suis petite, j’aime diriger, lancer des idées, les faire avancer… Impossible de m’épanouir dans une organisation hiérarchique ! J’ai toujours rêvé d’être mon propre patron.
Et vous l’êtes devenu…
Quel a été le déclic ?
Une forte attirance pour le milieu de la beauté (plus glamour que celui de l’informatique…), une insatisfaction de l’offre existante et un stage à New-York auprès d’une consultante en image.
Je suis partie du constat qu’à Paris, il était impossible de trouver un lieu de beauté "multiservices" et "melting-pot", c’est-à-dire offrant des prestations de coiffure, de maquillage, d’esthétique, de soins corporels, à toutes les femmes, quelle que soit leur origine. Les "afros" se font coiffer dans le 10ème arrondissement, les européennes dans les grandes enseignes, les asiatiques dans certains quartiers… Impossible de trouver un endroit unique pour venir entre copines ! Et pour se faire soigner les ongles ou se faire masser, il faut changer d’endroit. Pour moi, qui suis en permanence pressée, c’est infernal !
Je ne comprends pas que l’on puisse ainsi scinder le marché de la beauté !
Et cet endroit dont vous rêviez, vous l’avez trouvé aux Etats-Unis ?
Oui, curieusement c’est à New-York que j’ai trouvé ce que j’imaginais en France. J’ai poussé la porte d’un salon qui m’attirait et l’on m’a écoutée en me prenant totalement en charge. Dans ce salon, il y avait des personnes de toutes origines. Je m’y suis sentie très bien.
C’est également là-bas que j’ai découvert le conseil en image, sous toutes ses approches et que j’ai suivi une formation dans ce domaine.
Le conseil en image, c’est quelque chose de nouveau, de "tendance" ?
Nouveau, pas vraiment… Tendance, beaucoup plus ! Dans mes salons, toutes les prestations sont renforcées par le conseil en image. Si vous venez pour vous faire coiffer, on va tenir compte de votre personnalité, de la forme de votre visage, de vos goûts, de votre meilleur profil, de votre type de peau… tout cela pour vous mettre en valeur. On accueille les femmes et les hommes en tant qu’êtres uniques, car deux personnes, même d’origine similaire, n’ont pas les mêmes besoins.
Avez-vous été aidée pour monter votre entreprise ?
Pas vraiment ! Après avoir monté mon plan d’affaires (en utilisant votre site d’ailleurs…), j’ai frappé à la porte des banques. Elles m’ont très vite expliqué que j’étais bien sympathique, que mon projet était porté avec beaucoup de volonté… mais qu’elles ne m’aideraient pas car un tel concept sur l’Ile Saint-Louis, placé où il était, ne marcherait pas. Le projet était donc trop risqué à leur goût, d’autant plus que je n’étais pas en mesure d’apporter de biens en garantie. Il faut dire que mon local se situe en sous-sol, dans une rue très peu passante, avec une vitrine d’1,50 mètre de large ! On m’a un peu pris pour une excentrique… mais ça ne m’a pas découragée, car je croyais à mon projet à 120 % !
Installer un tel salon demande des investissements importants.
Comment avez-vous fait si vous n’étiez pas soutenue par les banques ?
J’ai utilisé les sommes que j’avais économisées en travaillant. Cela représentait tout de même environ 35 000 euros. Mais on m’en a pris 19 000 dès le départ pour le dépôt de garantie du bail…
J’ai négocié des délais de paiement avec mes fournisseurs, j’ai pris du mobilier d’entrée de gamme pour subvenir aux besoins primaires de mon activité, et je me suis lancée !
J’ai ensuite investi au jour le jour et recruté du personnel au fur et à mesure de l’augmentation de ma clientèle et des rentrées de chiffre d’affaires.
Vous n’avez pas eu peur de vous lancer dans un domaine qui ne correspondait pas à votre formation initiale ?
Non, car le domaine de la beauté me passionnait beaucoup plus que celui dans lequel j’évoluais (l’informatique) et j’avais par ailleurs suivi une formation de conseil en image.
Quant à ma formation initiale et à ma petite expérience professionnelle, elles m’ont été très utiles pour la construction de mon projet et pour mon métier actuel de chef d’entreprise.

Qu’est-ce qui vous semble le plus compliqué dans la direction d’une entreprise ?
Les ressources humaines ! C’est très difficile, surtout lorsque l’on est une jeune femme et que l’on dirige des personnes plus âgées. J’ai fait des erreurs, qui sont devenues en fait de bonnes leçons ! Entre la théorie et la pratique, il y a un océan !
Le management, c’est quelque chose de compliqué, car il faut faire preuve de diplomatie et de psychologie…

Comment avez-vous fait pour vous faire connaître aussi rapidement ?
J’y suis allée "au culot" ! Je me rendais à de nombreux évènements parisiens avec des jeunes filles qui portaient des tee-shirts à ma marque. On distribuait des flyers en disant "Ethnicia arrive en France", laissant penser que la marque existait déjà aux USA ou ailleurs…
60 % de notre clientèle provient du bouche à oreille. C’est une grande satisfaction, mais je suis consciente que ce type de communication est à double tranchant : une cliente mécontente le fera également savoir ! Nos prestations doivent donc être irréprochables.
J’ai également eu la chance d’avoir fait l’objet d’un article dans le journal Le Parisien, qui a déclenché beaucoup de demandes de journalistes surpris par le côté "magique" du lieu. C’est comme ça que ça a commencé.
La communication est très présente aujourd’hui dans votre stratégie…
Oui, car lorsque l’on mise sur de fortes perspectives de développement, la communication joue un rôle important. En fait, je n’y consacre pas énormément d’argent. Je travaille certes avec des professionnels pour la réalisation de mes supports, mais c’est normal car nous développons une franchise autour du concept d’Ethnicia.
En dehors de cela, je fonctionne beaucoup par échanges. Par exemple j’offre des produits à une radio (que je me fais offrir par mes fournisseurs) et en échange, ils nous font des spots publicitaires.
Vous avez été lauréate du prix de l’innovation commerciale, parrainé par Unibail-Rodamco. C’est important pour vous ?
Ah oui, très important, car le jury était composé d’experts, qui m’impressionnaient. Ils ont "décortiqué" mon projet et l’ont sélectionné… C’est une grande fierté pour moi qui ne suis pas issue d’une grande école, contrairement à beaucoup de concurrents. Avec mon petit bagage, je me sentais complexée au démarrage !
J’ai compris beaucoup de choses en termes de communication, grâce aux conseils du jury :
– que visuellement, mon concept devrait être reconnaissable de suite,
– qu’il devait être simple pour pouvoir être dupliqué…
Et puis, j’ai gagné un emplacement au centre commercial des 4 temps à La Défense d’une valeur de 500 000 euros, avec 6 mois de loyers offerts… C’est précieux !
Quels sont vos projets maintenant ?
Développer mon concept en franchise. Pour cela, je me fais aider par un conseil spécialisé, car il y a un certain nombre de précautions à prendre. A chacun son domaine !
Grâce à la franchise, je permets à d’autres entrepreneurs de s’associer au développement d’Ethnicia… et je limite les risques de copiage à tout va. L’aventure ne fait que commencer !
Propos recueillis en mai 2008 par Laurence Piganeau
13/05/2008

 
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2 réponses à JEUNES TALENTS FRANCAIS

  1. urbanoptic dit :

    C’est vrai que je suis plus lecteur de revues techniques que de magazines et je ne savais pas qu’il y avait un manque tragique à ce niveau là aussi. Si c’est le cas, je peux vous assurer qu’il va très vite être comblé. Prochainement j’organiserai une enquête sur cette question sur ce blog je vous inviterai à y répondre. Prévenez vos amis afin que vous soyez nombreux à y réponde, car l’issue de cette enquête sera objective. Merci pour votre fidélité sur ce blog.

  2. Daniela dit :

    Belle réalisation que ces espaces dédiés à la beauté internationale où toutes les femmes de toutes origines confondues peuvent aller en toute confiance se faire belle entre les mains de professionnels expérimentés. Un endroit et un concept qui manquait sévèrement à ce pays. Ce que je regrette seulement c’est le temps qu’il faut pour mettre en place un besoin et une idée qui longtemps faisait défaut à cette France qui décidément manque d’objectivité et de modernité. Il serait bien temps d’avancer un peu vers la cosmopolité qui représente vraiment la population française. Mon souhait cependant : A quand un magazine qui réunira enfin tous les profils et non pas comme actuellement où chaque français et française de différentes origines ethniques doivent faire une recherche acharnée pour trouver un magazine correspondant à leur profil au lieu d’en avoir UN pour TOUS comme l’idée d’ETHNICIA.
    Bravo à SY HABATOU pour sa générosité et son idée rassembleuse qui plait à toutes et dont on ne pourra se passer. J’espère que ce souhait fera son chemin.

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