L’ECONOMIE SIMPLIFIEE

Un jeune qui démarre dans la vie avec des outils d’insertion suffisants: (éducation et formation professionnelle en adéquation avec les besoins des entreprises en matière de main d’œuvre), peu s’impliquer dans la société économique. Avant même que l’on puisse parler de l’aspect de son implication sociale, essayons d’imaginer plusieurs parcours avec leur interaction dans la vie économique.

Dans un premier temps nous mettrons en exergue le parcours d’un jeune issu d’un milieu défavorisé qui arrive dans une société très exigeante avec le plus souvent de très mauvais outils d’intégration : éducation inadaptée ou incompatible à un système intransigeant attaché à ses propres codes de valeur, échec scolaire :(peu ou pas de diplôme), famille pauvre et fragilisée, etc….

Une telle configuration sociale suffit pour comprendre que ce jeune n’a qu’une infime chance de s’en sortir.

Même s’il est armé d’une volonté de fer, son parcours sera chaotique si on ne lui offre pas une chance et des moyens suffisants pour s’impliquer dans la collectivité ! Pire encore, il risque d’être "un boulet" pour l’Etat et la société : (ceux qui travaillent et payent des impôts). Bien entendu, pas de difficulté lorsque l’économie se porte bien et que les recettes fiscales sont largement positives. Il suffit simplement de taxer à hauteur satisfaisante et sans douleur le produit du travail et les bénéfices des entreprises pour pouvoir alimenter le portefeuille d’action sociale très sollicité dans des conjonctures où le taux de chômage est très élevé et que la croissance économique se présente bien et est plutôt positive, malgré un marché de l’emploi décadent. Cela arrive et ce fut le cas pendant la période post-électorale de 2002.

Il n’y a pas de secret. Un individu qui ne travaille pas est une charge pour la collectivité, même quand il l’est déjà pour sa propre famille ! Autrement dit le problème social deviendra forcément économique à un moment ou à un autre et ce, pour l’ensemble des actifs d’une société ou le principe de solidarité se veut omniprésent. D’abord l’individu encore socialisé même quand il est au chômage demeure un consommateur fragile mais consommateur quand même. Cela signifie qu’il dépense sans apporter sa contribution active à l’édifice de la croissance, mais il contribue à un équilibre fragile par le biais de la consommation. S’il semble être un consommateur presque ordinaire, ses besoins seront limités par un manque évident de liquidité. Résultat ? Eh bien s’il est raisonnable il consommera avec modération des produits souvent low cost ou bas de gamme. La plupart de ces produits on le sait sont des produits importés, donc renforceront beaucoup plus l’économie des pays exportateurs plus que l’économie locale. Ce cas isolé multiplié par X entraînera obligatoirement une baisse significative de la consommation globale et des pertes de bénéfice pour les producteurs de biens à l’échelle du marasme. Qui dit perte de bénéfice pour les entreprises dit systématiquement un manque à gagner évident sur les recettes fiscales de l’Etat qui en même temps se verra imputer des budgets supplémentaires au nom de la solidarité nationale. Bref, un vrai gouffre financier ! Il serait temps d’admettre que plus important est le nombre de salariés et plus les recettes fiscales de l’Etat sont positives. Plus de gens qui travaillent permet de générer plus de besoins, plus de consommation, moins de morosité, plus de confiance plus d’investissement donc plus de croissance et en finalité plus de création d’emploi. Lorsque tous ces facteurs vont dans le bons sens, c’est selon ma modeste analyse et ceci en toute prudence les signes positifs d’une économie en bonne santé. J’entends d’ici ceux qui me diront que l’on peut tout aussi bien être au chômage ou avoir des revenus très faibles et ne pas vouloir changer son standing de vie, quoi que… Il n’y a pas si longtemps encore l’accès au crédit était à la portée de presque tous, sans distinction pour ne pas exagérer mes propos. Il était alors astucieux pour le commerce en mal de clientèle de relancer la consommation par le biais des incitations à l’endettement du consommateur. Toute une forme de facilités de paiement furent inventées pour rendre plus attractives les vitrines boudées par un public morose et prudent. Ce mode de relance comporte des risques quand la situation stagne ou a du mal à s’inverser. En premier lieu les commerçants réalisent des bénéfices artificiels qui s’avèrent au bout du compte peu rentables à cause du bataillon juridique qui reste à la solde des créanciers pour se faire rembourser leurs prêts : bataillon qui demeure inefficace face à des emprunteurs souvent insolvables hyperassistés par l’Etat. Il faut faire très attention aujourd’hui en manipulant ce genre de dispositif juridique qui finit souvent par déclencher un grand désarroi général et une morosité ambiante. Quant les saisies sont massives et fracassantes cela finit par toucher tout un fragment important de la société, ce qui conduit à la méfiance et à des résolutions extrêmes. En réalité c’est tout le système financier qui finit par défaillir : les entreprises établissent des bilans déficitaires tout en ayant bien vendu leur marchandises. Elles sont elles-mêmes endettées, leurs banques se retrouvent à gérer des comptes hypernégatifs et au bout de quelques rappels à l’ordre, refusent de les soutenir. Cela c’est pour la partie purement commerciale. A côté de ça c’est la fragilité de tout le système qui est à démontrer. Lorsque l’on pense que dans une économie de service comme la nôtre que c’est l’Etat qui assure la plus grande partie de ces services, vous comprendrez aisément que les recettes fiscales ont leur importance : Plus de policiers, plus de prisons, plus de justice, plus de surveillance, plus de social donc plus d’assistance publique tout simplement. Tout ceci a un coût bien entendu. Imaginez un système qui fonctionne avec plus de dépenses que de recettes. Que ce soit pour l’entreprise, l’assistance publique, le particulier et le financier la nécessité d’avoir une constance dans notre comptabilité est plus que vitale. Il ne serait pas très génial de penser que certains pourraient s’enrichir sans aucun intermédiaire humain. Même lorsque l’on tire sa richesse de la nature, nous avons besoin des autres pour l’exploiter. Le plus absurde serait de penser que certains êtres seraient inutiles aux autres. Cela serait bien entendu le meilleur moyen de causer sa propre perte.

 

Alex LONY


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