2012 : EXPLOSION DU TAUX DE CHOMAGE DES SENIORS

L’augmentation du chômage des seniors.

 

Alors que sociologues et scientifiques s’accordent pour nous expliquer que grâce au progrès de la science en matière de santé, nous bénéficions vous et moi d’une amélioration de notre longévité. Vous et moi c’est peut-être un peu vite dit, car là encore tout dépendra  en mon sens, de la capacité financière de chacun de pouvoir accéder ou non aux soins de qualité.

En effet, travailler après l’âge de soixante ans ne signifiera pas forcément concrétiser ce fabuleux présage qui dans la réalité reste un mythe, car il suffit de vérifier les statistiques pour constater que le taux de mortalité en 2008 est plus faible que celui de 2009 pour la France. C’est très clair ! Même si  nous avons travaillé autant qu’en 2008 sinon moins, nous avons eu moins accès aux soins que l’an passé.  Autre chiffre qui malgré tout est révélateur de notre grande tendance à entretenir en notre esprit quelques légendes optimistes.  En Angleterre où l’âge du départ à la retraite est théoriquement de 65 ans, le taux de mortalité est nettement plus fort,  soit 10,02%  contre 8,56% pour la France en 2009. Cela prouve bien que c’est justement grâce à notre système de protection sociale et à cet avantage spécifique de pouvoir accéder au repos précoce en comparaison à d’autres nations d’Europe, que cette longévité confortable est possible.  C’est assez logique d’ailleurs : En Angleterre, se soigner n’est pas chose facile par rapport à la France et le stress au travail au-delà de soixante ans n’est certainement pas plus supportable pour l’organisme qu’il ne l’est à trente ou quarante ans.

Bref, travailler plus longtemps confortera certainement le doux rêve de quelques économistes alarmés par les déficits en cascade, persuadés à l’avance qu’il sera chose facile de maintenir à leur poste une flopée de seniors agressés par les rythmes effrénés du quotidien, contribuant à bout de souffle au redressement économique, aux recettes fiscales et au renflouement de la Caisse de Sécurité Sociale.   Une question se pose tout de même : comment en sommes-nous arrivé là ? Eh bien tout simplement, parce que nous n’avons sûrement pas su profiter des bons chiffres de la croissance entre 2003 et 2005 pour relancer la machine économique et qu’aujourd’hui nous serions plutôt dans une situation d’urgence pour la sauvegarde de notre couverture sociale, pour ne pas dire tout simplement d’un certain privilège mondial.    

Lorsque l’âge de la retraite sera repoussé, il faudra bien s’attendre à voir pointer au chômage cette catégorie de seniors aux petites retraites, ne pouvant évidemment pas profiter pleinement pour raison financière de leur ennuyeux temps libre. Avec de plus en plus de jeunes au chômage ou dans la précarité, il ne faudra pas s’attendre non plus à une augmentation des recettes fiscales et sociales qui permettaient  auparavant à financer confortablement ces postes budgétaires. De toute façon, il faut bien avouer que les solutions probables semblent malheureusement compromises.  Je crains pour ma part qu’il soit trop tard pour corriger les erreurs de visions de nos dirigeants successifs. C’est une réalité, il va peut-être falloir continuer à faire travailler ceux qui ont déjà un emploi encore longtemps, mais dans quelles conditions ? Compétitivité oblige, il sera même difficile de prendre en compte la pénibilité de certains postes qui génèrent le stress excessif et l’effort physique intense. Bien qu’il faille un jour ou l’autre de toute façon commencer à organiser la relève, comment se passera la cohabitation entre ces jeunes que l’on a pendant trop longtemps exclus de la vie active et ces travailleurs usés par le temps et les difficultés en tout genre ? L’assistanat a montré ses limites, car pendant des décennies on a réussi  tant bien que mal  à réduire les terribles  effets  de la pauvreté des populations désocialisées, mais ça ne pouvait en effet pas durer. Les nombreuses taxations sur les salaires pour satisfaire cet énorme gouffre financier nécessaire au maintien d’une paix relative est une des causes  de l’appauvrissement de la classe moyenne aujourd’hui. En plus, la réduction des recettes de l’Etat est la conséquence indirecte des déficits publics qui nous obligent à réviser nos dépenses en matière d’équipements urbains ou publics au profit d’une sécurité accrue : mauvaises routes, mauvaises écoles, mauvaises formations, mauvaise couverture sociale, mais tout de même, prisons nécessairement sécurisées et aux normes. En conclusion travailler plus longtemps n’inversera en aucun cas notre triste déclin social. Pire encore, si nous continuons à sacrifier le futur de nos jeunes pour quelle que raison que ce soit, il est fort à parier que nous aurons dans un proche avenir,  même  des difficultés à corriger une inflation annoncée et la liquidation de notre patrimoine économique au bénéfice de l’actif d’investisseurs étrangers pour éviter une faillite publique dramatique.

Alex LONY

  

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2 réponses à 2012 : EXPLOSION DU TAUX DE CHOMAGE DES SENIORS

  1. Claudine dit :

    Bonjour,

    Très juste et très pertinente cette analyse.Une petite précision cependant, il est vrai qu’actuellement, la longévité des êtres explose certes mais grâce à la retraite à 60 ans (toujours d’actualité) et à la bonne qualité de vie après des années d’activité de certains (voyages, repos, joies familiales).
    Attendons nous à voir redescendre cette magnifique durée de vie des séniors si ils doivent travailler beaucoup plus longtemps dans l’avenir avec le stress ambiant, des transports indignes, je pense au métro où les agressions des voleurs sont de plus en plus violentes ainsi que les exigences excessives, faute de personnel suffisant dans le milieu du travail à notre époque qui ne sont plus du tout les mêmes que dans le passé. Il serait prudent que nos dirigeants revoient un tant soit peu leurs calculs et ne se fient pas qu’au cours terme comme toujours sans réfléchir au lendemain. Un peu de prospective, cela ne leur ferait pas de mal. Je continue à penser qu’il y a un manque de raisonnement d’où les insuffisances qui nous conduisent vers le gouffre où nous nous trouvons. Ces licenciements en masse ne sont pas fait pour enrichir notre pays où la misère génèrent des misérables, des miséreux qui ne cessent d’être toujours plus nombreux dans nos rues et sur nos trottoirs et qui pourtant n’attendent que cela du travail pour retrouver de la dignité.
    Merci de me permettre de m’exprimer sur cette page.

  2. urbanoptic dit :

    Merci Claudine d’être passée. En effet tous les seniors ne sont pas cadres à la Sécurité Sociale et dans ce calcul médiocre : celui qui a permis certainement de faire croire que la remise au travail des seniors réduira les dépenses retraites et augmentera les recettes fiscales et la contribution sociale. Ce n’est pas tout à fait exact, car les entreprises ont déjà bien du mal à maintenir leurs employés âgés au travail. On imagine ce que ça serait si en plus ceux qui sont déjà à la retraite reprenaient soudainement le chemin du Pôle-emploi à la recherche d’un nouvel emploi qu’ils ne maîtriseront plus forcément, avec beaucoup moins de dynamisme quoi qu’on en dise. Dans un monde de plus en plus violent, j’ai du mal à imaginer l’épanouissement de ces travailleurs en état de faiblesse avec de plus en plus de jeunes oisifs dans les rues et beaucoup moins de sécurité, caméras de surveillance ou pas : on a vu à la télé ce que ça donne les caméras de surveillance. On récupère une abondante bibliothèque d’images mais les voyous courent toujours à cause du manque de personnel pour traiter ces images. Les licenciements sont naturellement le fait évident de ces faillites d’entreprises qui se retrouvent privées d’une clientèle dont la demande devrait être accrue et durable à cause de l’énorme besoin en matériel que les jeunes couples confiants en l’avenir pourraient générer. Bizarrement en accorde plus facilement un crédit à un jeune solvable qu’a une personne âgée même solvable. Dites-moi où est la malice ? Il n’y a pas de malice ! C’est tout simplement à cause des possibilités d’étalement du remboursement et l’intérêt supplémentaire que ça rapporte. En plus on peut plus facilement compter sur le futur développement d’un jeune consommateur, chose que l’on ne peut pas vraiment faire avec confiance pour une personne qui a dépassé la soixantaine et qui continue à subir les agressions de la vie active et sociales. Les banques sont-elles prêtes à prendre ce nouveau risque ? Non, c’est une réalité ! D’autre part il n’est pas dit que ces personnes âgées y arrivent mieux financièrement en travaillant bien plus souvent à mi-temps ou en temps partiel. Voilà les nombreux problèmes dont la société sera confrontée demain. Je suis prêt à en faire le pari aujourd’hui avec vous !

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