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Bien entendu la crise a certainement aggravé une situation qui s’est installée durablement depuis les années 80 dans notre pays. Même s’il faille prendre en compte quelques épisodiques redressements de situation enregistrés ça et là, on peut attribuer ces occasionnels reculs à l’efficacité des dispositifs d’aide à l’insertion mis en place principalement par les politiques de gauche.

En effet, il semble qu’en France depuis près de 3  décennies, l’assistance de l’Etat pour favoriser l’accès à l’emploi des jeunes paraisse la seule voie qui permette de faire reculer le chômage des jeunes.

Indubitablement, il fallait bien s’attendre à voir un jour ou l’autre les plus âgés à leur tour frappés par ce fléau destructeur d’énergie et d’optimisme populaire. On a trop souvent tendance à se pencher sur la question du trou de la Sécurité Sociale en négligeant inconsciemment la difficulté des entreprises françaises à s’installer durablement dans la prospérité, parce que nous français, avons une fâcheuse tendance à tout dissocier en s’acharnant sur les maux plutôt que sur leurs causes. Il suffit quelquefois de prendre le temps de sortir de ces mécanismes intellectuels systématiques pour s’apercevoir qu’en dehors de ces formules toutes faites, il y a l’évolution et les changements de comportement  liés aux événements naturels et aux découvertes scientifiques qui peuvent du jour au lendemain bouleverser nos habitudes. Pour citer un exemple concret de ce principe récurrent : disons que l’on peut bien prévoir de produire 600 tonnes de fruits par an aujourd’hui et pendant 2 ou 3 ans ne produire que 150 tonnes ou beaucoup moins. Cela est économiquement prévisible évidemment, et les exploitants se sont sans doute prémunis suffisamment en amont contre ce genre d’aléas liés aux baisses de production occasionnelles dues à des variations météorologiques par exemple. A l’opposé de  ce scénario presque qu’ordinaire, la baisse du chiffre d’affaire de l’exploitant précité pourrait être aussi causée par d’autres éléments perturbateurs multiples un peu  plus subtils,  motivant le changement de comportement des consommateurs à cause d’une baisse de leur pouvoir d’achat  par exemple, ou encore à l’origine d’un ensemble de données négatives propagées qui favorisent les incertitudes. Si pour compléter le tableau, les solutions de  redressement de la situation tardent à se mettre en place, le risque d’une contagion ou d’une répercussion sur d’autres facteurs est sans appel. Les producteurs de biens et de services ne doivent absolument pas prendre à la légère la température sociale de la société à différents moments de son évolution. Pour développer une, parmi les multiples sources d’observation : «Les consommateurs mangent moins de fruits », malgré tout on continue à en produire toujours autant sans tenir compte d’une baisse significative du niveau de vie. Résultat, les coûts de production sont bien trop élevés pour un produit qui périt à vue d’œil sur l’étalage des distributeurs qui accumulent des pertes. Le pire bien souvent, malgré ce constat flagrant émis par quelques intervenants lucides, les commerçants obnubilés par le manque à gagner n’ont pas jugé bon d’appliquer à temps les rabais qui s’imposaient afin de limiter les dégâts.  Quelquefois même, on n’a pas hésité à engager des frais supplémentaires en publicité pour essayer de provoquer artificiellement la gourmandise  d’une clientèle depuis longtemps désabusée qui désormais s’oriente vers d’autres priorités. Qu’on se le dise : on a beau appliquer la méthode Coué à grande échelle pour tenter d’inverser une mauvaise tendance, l’effet psychologique sur les esprits dans une atmosphère générale plutôt morose peut avoir des conséquences  sournoisement catastrophiques  sur l’ensemble de la collectivité par effet de  boomerang.   C’est dire que même lorsque du haut de la pyramide on continue à observer des postures  exagérément optimistes, au pied de celle-ci les multiples effets de la dégradation sont beaucoup plus perceptibles. Pour être plus explicite sur cette métaphore dirait-on que se faire voler son nouveau portable ou son portefeuille par des voyous sans avenir, arrive plus fréquemment dans un métro bondé qu’aux grilles bien gardées de l’Elysée. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’être plus éloquent sur la question de cette évidence. Cela peut paraître un peu simpliste comme analyse, mais lorsque 300 personnes par jour se font voler leur portable, l’inquiétude est beaucoup plus collective. Lorsqu’en plus, les seules solutions qu’on leur propose pour faire reculer la délinquance est l’augmentation des prisons, on sait très bien que cela aura forcément une répercussion sur les dépenses publiques et par conséquent sur les charges individuelles, sur leur salaire, sur leur pouvoir d’achat. A l’opposé : si on explique aux victimes que l’on a bien pris conscience de l’origine du malaise ambiant et que pour éviter qu’il y ait trop de voyous sans avenir dans les rues menaçant la paix publique, nous allons travailler sur : la prévention, l’accompagnement des parents à l’éducation de leurs enfants, les constructions d’écoles, de crèches, de structures sportives, l’accès à l’emploi, l’égalité des chances… Ils comprennent alors très vite que tous ces engagements seront plus certainement :  porteurs d’emploi,  de recettes fiscales supplémentaires, de socialisation des individus, de projets personnels, pas uniquement synonyme  de charges supplémentaires interminables. Remplir des prisons de voyous sous la surveillance d’agents payés par l’Etat n’a aucune rentabilité économique, bien au contraire c’est un gouffre qui grignote, gourmand en dépenses publiques.

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