LE JEU DE LA MORT : (ou la manipulation audiovisuelle des esprits).

A l’éditorial du très respectable média l’Express.fr rédigé par Julie Saulnier et publié le 18 mars 2010, on pouvait lire ceci : LE JEU DE LA MORT : « Tout le monde peut devenir bourreau »

Ce titre très alarmiste reflétait sans exagération la stupeur généralisée qu’avait suscité l’expérience télévisée du même nom, ayant été diffusée la veille sur la chaîne France 2.

En fait, il s’agissait plus précisément d’un documentaire réalisé par Christophe Nick  soulevant la question de l’autorité ou l’emprise de la télévision sur les téléspectateurs. Celui-ci était suivi d’une table ronde animée par Christophe Hondelatte. Le débat du même nom nous invitait plus particulièrement à essayer de comprendre les mécanismes qui peuvent pousser des individus à annihiler leur capacité à réagir face à des injonctions même insolites dans une atmosphère ludique.  Après des échanges très vifs entre l’échantillon représentatif de téléspectateurs face à un copieux panel de spécialistes : scientifiques, animateurs et journalistes argumentant successivement leur point de vue, il était alors temps de conclure et d’admettre que la télévision a indubitablement un immense pouvoir de persuasion sur une majorité des auditeurs que nous sommes. Cela représente évidemment un danger  pour la liberté de penser, et d’une façon plus insoupçonnée, sur quelques belles valeurs de la démocratie.

En effet, les Français passent près de 4 heures par jour en moyenne devant leur poste de télévision selon les diverses études d’observation publiées sur le Net. Pour les plus jeunes on peut compter jusqu’à 6 heures et plus. C’est dire que le petit écran à une énorme responsabilité éthique face à ce constat. Que se passe-t-il lorsque l’on regarde la télévision de manière prolongée ? A mon avis le monde du virtuel tend à se confondre avec celui qui nous entoure et finit par envahir l’espace vital pour s’installer de façon insidieuse dans notre réalité quotidienne. Avec le nouveau concept de téléréalité importé des Etats-Unis dans les années 80, l’impression de proximité avec le monde parallèle est d’autant plus probante. Au fur et à mesure des années, la télévision s’est imposée dans nos foyers en occupant une place prépondérante dans nos distractions. Tout a été organisé pour rendre notre subconscient de plus en plus perméable à la manipulation visuelle. Ce média envahissant a été jusqu’à nous impliquer dans ses productions pour faire de nous des partenaires à part entière ; complices et illusoirement actifs pour certains de ses objectifs. Couplé aux outils de communication devenus abordables aux revenus les plus modestes tels que le téléphone, le réseau Internet, il devient alors possible de surprendre l’intimité de candidats volontaires, peu alertés sur les conséquences de leurs échanges et de leurs actes. Nous avons été nombreux et assidus aux rendez-vous devant notre poste pour le lancement de ces programmes sensationnels très affriolants à de multiples attraits outre la sensualité et le voyeurisme qu’ils proposent, nous subissons un matraquage publicitaire quotidien ventant les qualités d’une quantité de produits dérivés pas vraiment utiles ; associés à ces productions. Le public, conditionné par le tapage médiatique fait autour de ces événements devient peu à peu accro. Bref, on aurait presque le sentiment que la télé veut par ce biais prendre possession de nos facultés de discernement. Pour beaucoup de téléspectateurs la télévision est devenue maîtresse de leur comportement. Certaines personnes de faible personnalité ne peuvent même pas, s’habiller, se nourrir, s’équiper sans se référer à la publicité télévisuelle, d’autres encore n’hésitent pas à parler, à se mouvoir, à vivre au plus près du standing des célébrités bien au-delà de leurs moyens financiers au risque même de se ruiner. On peut toujours condamner mon propos, mais quand on en arrive à ce stade, j’estime que là, il y a danger évidemment. Ce qui m’inquiète le plus, c’est que la société n’est pas standardisée quoi qu’on en dise. Nous sommes aujourd’hui très éloignés de la culture universelle malgré une inquiétante tendance à la standardisation. Nous n’avons pas les mêmes parcours, les mêmes moyens, les mêmes désirs et pourtant j’ai le sentiment que la télévision semble vouloir nous faire croire que les modèles qu’elle propose sont forcément abordables par la majorité. Certains téléspectateurs arrivent à faire la différence entre le rêve et la réalité, d’autres visiblement pas ! C’est à partir de ce niveau d’emprise que la notion de psycho dépendance audiovisuelle me paraît inéluctable.
Alex LONY
Ce contenu a été publié dans Société. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*